La French Tech continue de faire parler d’elle sur la scène internationale. Cette fois, c’est DeepIP qui attire les projecteurs avec une levée de fonds spectaculaire de 25 millions de dollars, portée par des acteurs majeurs comme le fonds de Fleur Pellerin et Serena. Cette startup franco-américaine, qui ambitionne de transformer radicalement la gestion de la propriété intellectuelle grâce à l’intelligence artificielle, incarne parfaitement cette nouvelle génération d’entreprises technologiques qui appliquent l’IA à des problématiques business concrètes.
DeepIP : quand l’IA révolutionne un secteur complexe et stratégique
Fondée en 2024 par François-Xavier Leduc et Edouard d’Archimbaud, anciens dirigeants de Kili Technology, DeepIP s’attaque à un défi de taille : simplifier le processus de dépôt et de gestion des brevets. Avec 180 millions de brevets en circulation dans le monde, vérifier la nouveauté d’une invention est devenu un exercice quasi impossible sans assistance technologique avancée. La startup propose donc une plateforme logicielle qui accompagne ingénieurs et avocats tout au long du cycle de vie d’une innovation, de l’idée initiale jusqu’à la gestion mondiale des portefeuilles de brevets.
L’approche de DeepIP repose sur l’utilisation de plusieurs grands modèles de langage capables d’analyser la substance même des inventions, et non plus seulement des mots-clés. Résultat : le temps de rédaction d’un brevet est passé de 25 heures à 12 heures, et le temps nécessaire pour répondre à une opposition a été divisé par deux. Mais au-delà du gain de temps, c’est surtout la qualité des brevets qui s’améliore, les rendant plus robustes et défensifs, tout en réduisant les coûts liés aux objections.
Cette innovation s’inscrit dans une logique de digitalisation des processus métier, un enjeu central pour les professionnels de la relation client et les entreprises cherchant à optimiser leur productivité. Pour les étudiants en BTS NDRC, cet exemple illustre parfaitement comment l’IA peut transformer des activités traditionnellement chronophages en processus fluides et efficaces, libérant ainsi du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Une levée de fonds qui valide une trajectoire fulgurante
En seulement un an, DeepIP a levé 40 millions de dollars au total, dont 25 millions dans ce dernier tour de table mené par Korelya Capital et Serena, avec la participation de fonds prestigieux comme Headline et Balderton Capital. Cette opération témoigne de la confiance des investisseurs dans le modèle de la startup, dont le chiffre d’affaires a été multiplié par dix en 18 mois. La société compte désormais parmi ses clients plusieurs entreprises du Fortune 500, preuve de sa capacité à conquérir les grands comptes.
François-Xavier Leduc justifie cette stratégie de levées rapprochées par une volonté de sécuriser la croissance sans contrainte financière : « On grossit tellement vite qu’on se dit qu’il faut assurer la capacité financière pour accélérer la croissance sur 18 à 36 mois sans contrainte. Quand on est entrepreneur, il faut prendre l’argent quand il est là, surtout quand on veut aller chercher le leadership mondial. »
Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large observée au niveau européen. Selon le rapport de NatWest sur l’innovation au Royaume-Uni, le financement venture a massivement basculé vers l’IA en 2025, avec 17,5 milliards de livres levés et plus de 6 milliards consacrés spécifiquement aux startups d’intelligence artificielle. Les investisseurs privilégient désormais les entreprises avec des modèles économiques éprouvés et une traction démontrée, exactement le profil de DeepIP.
La French Tech face aux défis de la diversité et du rayonnement international
Si la réussite de DeepIP illustre la vitalité de l’écosystème français, elle s’inscrit également dans un contexte où persistent des défis structurels. Selon une étude récente de l’Office européen des brevets, seulement 10,2% des fondateurs de startups françaises ayant déposé un brevet européen sont des femmes. Ce chiffre révèle une sous-représentation préoccupante, même si la situation s’améliore progressivement avec 16,7% de demandes de brevets incluant des femmes entre 2018 et 2022.
Pour les professionnels de la relation client et les futurs diplômés du BTS NDRC, cette question de la diversité n’est pas anodine. Elle soulève des enjeux de recrutement, de management d’équipe et d’innovation. Comme le souligne António Campinos, président de l’OEB : « La diversité n’est pas un simple atout, c’est le moteur des innovations de rupture. » Encourager la participation des femmes dans les sciences et technologies représente donc un levier stratégique pour renforcer la compétitivité de l’écosystème français.
Par ailleurs, DeepIP positionne clairement les États-Unis comme son marché prioritaire, avec un siège à New York en complément de celui de Paris. Cette stratégie d’internationalisation rapide témoigne de la nécessité pour les startups françaises de penser global dès le départ, particulièrement dans les secteurs technologiques où la concurrence est internationale. Pour les entreprises travaillant avec ces startups, cela implique d’adapter leur stratégie de prospection et leur approche commerciale à des marchés pluriels.
En conclusion : l’IA au service de la simplification business
L’exemple de DeepIP démontre que l’intelligence artificielle n’est pas qu’un effet de mode technologique, mais bien un outil de transformation profonde des processus métier. En rendant accessible et efficace un domaine aussi complexe que la propriété intellectuelle, la startup française ouvre la voie à une nouvelle génération d’outils où la technologie se met véritablement au service des utilisateurs. Cette approche « workflow-native », qui intègre l’IA directement dans le flux de travail sans rupture, préfigure ce que seront les solutions professionnelles de demain.
Pour les étudiants en BTS NDRC et les professionnels de la relation client, cette évolution invite à repenser les processus d’accompagnement client, de prospection et de fidélisation à l’aune des possibilités offertes par l’IA. La question n’est plus de savoir si ces technologies transformeront les métiers, mais comment les entreprises sauront s’en emparer pour créer de la valeur.
Sources :
- Maddyness – DeepIP embarque le fonds de Fleur Pellerin et Serena pour lever 25 millions de dollars
- Maddyness – 1 startup de pointe sur 10 en France est fondée par une femme
- Presse-citron – Propriété intellectuelle : pourquoi DeepIP est la startup que tout le secteur attendait
- Startups Magazine – UK venture funding surges into AI, NatWest’s report finds

