Financement deeptech : Pasqal lève 340 millions d’euros et se prépare à entrer au Nasdaq pour accélérer son développement dans le calcul quantique

La startup française Pasqal vient de réaliser un coup d’éclat dans l’univers de la deeptech en annonçant une levée de fonds de 340 millions d’euros, accompagnée d’une valorisation impressionnante de 2 milliards de dollars. Cette opération, qui préfigure une introduction au Nasdaq dès 2026, illustre parfaitement les nouveaux défis de financement auxquels font face les entreprises technologiques européennes les plus innovantes. Retour sur une opération qui redéfinit les règles du jeu pour l’écosystème deeptech français.

Quand le calcul quantique rencontre les marchés financiers

Le calcul quantique appartient à ces technologies de rupture dont la promesse scientifique précède de plusieurs années la maturité commerciale. Contrairement aux startups du numérique classique, les entreprises comme Pasqal doivent financer des infrastructures expérimentales sophistiquées : équipements optiques, systèmes cryogéniques complexes, et équipes hautement spécialisées issues de la physique fondamentale. Cette réalité impose des besoins en capitaux qui dépassent largement les capacités du capital-risque traditionnel.

L’opération de Pasqal s’articule autour d’une fusion avec la SPAC Bleichroeder Acquisition Corp. II, un véhicule d’investissement codirigé par Michel Combes, ancien patron d’Alcatel-Lucent et figure respectée de l’industrie technologique européenne. Cette structure prévoit un financement convertible de 200 millions de dollars, complété par des levées additionnelles. L’objectif affiché ? Investir massivement dans les infrastructures françaises pour accélérer la recherche et développement tout en renforçant les capacités industrielles de l’entreprise.

Pour les professionnels de la relation client et les étudiants en BTS NDRC, cette stratégie révèle une dimension essentielle : même dans la deeptech, la capacité à convaincre des investisseurs institutionnels et à structurer une proposition de valeur claire reste fondamentale. La prospection financière obéit aux mêmes règles que la prospection commerciale : identifier les bons interlocuteurs, adapter son discours et construire une relation de confiance sur le long terme.

La deeptech française en pleine ébullition

L’opération Pasqal ne constitue pas un cas isolé. Cette même semaine, les startups françaises ont levé 222 millions d’euros au total, avec un ticket moyen de 31 millions d’euros, soit une hausse significative par rapport à la semaine précédente. Parmi ces levées, on retrouve des acteurs variés de la deeptech : Heliup dans l’énergie (16 millions d’euros), Metavonics dans les semi-conducteurs (7,3 millions d’euros), ou encore Bacta dans la bioproduction assistée par intelligence artificielle (7 millions d’euros).

Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large. Selon les données de Bpifrance, 60% des investissements en capital-risque français sont désormais orientés vers la deeptech, avec des levées atteignant 4 milliards d’euros l’an dernier. En dix ans, l’Europe a investi plus de 132 milliards de dollars dans ce secteur, donnant naissance à une nouvelle génération de champions technologiques comme Mistral AI, Helsing ou Harmattan.

Cette transformation de l’écosystème français révèle un changement de paradigme : les startups deeptech ne sont plus seulement des projets scientifiques, mais deviennent de véritables entreprises industrielles capables de concurrencer les géants américains et chinois. Pour les futurs professionnels de la relation client digitale, cela signifie que les cycles de vente s’allongent, que les arguments techniques prennent une importance croissante, et que la fidélisation repose sur la capacité à accompagner des clients dans des projets d’innovation complexes.

L’European Deeptech Week : structurer un écosystème continental

Du 16 au 20 mars 2026, l’European Deeptech Week réunira à Paris plus de 2 500 acteurs de l’écosystème européen. Cet événement, coorganisé par Bpifrance, vise à renforcer la compétitivité technologique européenne face aux modèles américain et chinois. L’objectif est clair : transformer l’excellence académique européenne et sa densité industrielle en avantage concurrentiel durable.

Car si l’Europe dispose d’atouts indéniables – près de 7 300 spinouts universitaires actifs, une recherche fondamentale de premier plan –, elle peine encore à passer à l’échelle. Les fonds de pension européens n’allouent en moyenne que 0,12% de leurs actifs au capital-risque, soit 10 à 15 fois moins qu’aux États-Unis. De même, environ 70% des grandes entreprises européennes ont certes noué des collaborations avec des startups, mais ces partenariats restent souvent limités en ampleur et en profondeur.

Cette European Deeptech Week cherche justement à catalyser ces collaborations entre grands groupes, investisseurs institutionnels et startups innovantes. Pour les professionnels de la digitalisation de la relation client, ces événements représentent des opportunités uniques de comprendre les tendances technologiques qui transformeront demain les métiers commerciaux : intelligence artificielle, automatisation, analyse prédictive des comportements clients.

En conclusion

L’opération menée par Pasqal marque un tournant pour l’écosystème deeptech français et européen. En démontrant qu’une startup issue de la recherche française peut atteindre une valorisation de 2 milliards de dollars et s’apprêter à entrer au Nasdaq, elle trace la voie pour une nouvelle génération d’entrepreneurs technologiques. Cette stratégie de financement par les marchés publics, combinée à la structuration d’un écosystème européen cohérent, pourrait bien permettre à l’Europe de s’affirmer comme une puissance technologique autonome.

Pour les étudiants en BTS NDRC et les professionnels de la relation client, ces évolutions rappellent une vérité fondamentale : maîtriser les enjeux technologiques de son secteur devient aussi important que maîtriser les techniques de vente. Dans un monde où l’innovation deeptech redessine les chaînes de valeur, la capacité à comprendre, expliquer et valoriser des solutions complexes constituera demain un avantage concurrentiel décisif. Reste à savoir si l’Europe saura transformer cet élan en leadership durable face aux géants américains et chinois.

Sources :

Retour en haut